Depuis près d'une décennie, la rumeur d'une vente de l'Olympique de Marseille refait surface à intervalles réguliers. Malgré les démentis répétés de Frank McCourt, propriétaire américain du club depuis 2016, les spéculations persistent. Dernière information en date : le prix astronomique qu'exigerait l'homme d'affaires pour lâcher le club phocéen. Une somme qui fait débat.
En 2016, Frank McCourt succédait à Margarita Louis-Dreyfus à la tête de l'OM. Dix ans plus tard, l'Américain est toujours aux commandes, mais les rumeurs de vente n'ont jamais vraiment cessé. Jusqu'à présent, le milliardaire avait toujours opposé des démentis catégoriques. Pourtant, une nouvelle information a récemment enflammé la chronique : McCourt attendrait pas moins d'1,2 milliard d'euros pour céder son bien.
Un montant qui place l'OM dans la cour des très grands, mais qui soulève immédiatement une question : le club marseillais vaut-il réellement une telle somme ?
« Un prix relativement étonnant »
Invité sur les ondes de L'After Foot, David Gluzman, spécialiste des finances du football, a livré une analyse sans concession de cette valorisation. Selon lui, les méthodes traditionnelles d'évaluation des clubs de football ne permettent pas d'atteindre de tels sommets pour l'OM :
« Est-ce que l'OM vaut vraiment 1,2 milliard d'euros ? Non, c'est vrai que c'est un prix relativement étonnant. La façon la plus facile de valoriser un club, c'est de multiplier le chiffre d'affaires. On prend le chiffre d'affaires annuel et on le multiplie par un coefficient, et on arrive à une valorisation. Tous les plus gros clubs se sont échangés à des multiples de 4 ou 5 fois le chiffre d'affaires. C'est le cas du PSG, de Chelsea. »
Mais pour l'OM, l'équation se complique. Le contexte économique du football français, en proie à des difficultés récurrentes sur les droits TV, plombe les perspectives de croissance :
« Moi, ça m'étonne de par le manque de perspective du football français. En termes de revenus sponsoring à l'OM, il y a une marge de progression pas énorme. Tu n'as quasiment pas de droits télé domestique. Quoi qu'il arrive, 1,2 milliard, en valeur actuelle, ça me paraît très exagéré. »
Entre 500 et 600 millions d'euros : la fourchette réaliste
Si le milliard semble hors de portée, quelle somme Frank McCourt peut-il réellement espérer ? David Gluzman a tenté d'établir une estimation plus réaliste, en se basant sur les fondamentaux économiques du club :
« McCourt a un prix caché qu'il souhaite obtenir ? Bien sûr. Si on veut être raisonnable, je pense qu'un multiple de deux fois le chiffre d'affaires, objectif de chiffre d'affaires de l'OM de 300 millions d'euros, entre 500 et 600 millions d'euros, c'est un objectif raisonnable. »
Une somme qui, si elle est bien inférieure au milliard fantasmé, reste néanmoins considérable. Mais Gluzman insiste sur le contexte : « C'est toujours beaucoup d'argent dans un championnat désœuvré. 1,2 milliard, ce serait un achat déconnecté de toute rationalité économique. »
Un feuilleton loin d'être terminé
Pour l'heure, Frank McCourt n'a officiellement mis le club en vente. Mais les rumeurs, alimentées par les difficultés sportives et l'instabilité chronique de l'OM, continueront probablement de courir. Reste à savoir si un investisseur, séduit par la marque OM et son potentiel de développement, sera prêt à mettre sur la table une somme comprise entre 500 et 600 millions d'euros.
Dans un football français en quête de souffle, l'avenir du club phocéen reste plus que jamais suspendu aux décisions de son propriétaire américain. Et à la réalité des comptes.